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Metal on metal : mettons les ümlauts sur les voyelles (troisième partie)

Avec tout cela – et je vous propose, pour mieux voir le Metal, de visiter le « Map of Metal », vous serez face au Metal, vraiment – nous pouvons désormais comprendre que la plupart des stéréotypes sont insensés. Alors oui, nous pouvons parler de violence, de brutalité instrumentale, mais cela dépend des groupes : le Thrash, le Death et le Black sont violents, de base, mais cependant il y a une base instrumentale à ne pas négliger. Après tout, les musiciens ont besoin d’une base technique et de s’accorder pour faire un groupe. Dire que « Nile » est un groupe inintéressant car simplement brutal serait nier une part de la musique véritablement importante. On peut ne pas aimer, cela va de soi, mais une grande majorité des groupes de Metal ne fait pas du « bruit ». En reprenant l’exemple de « Nile », ce groupe se propose d’explorer une nouvelle facette du Metal en mêlant le Death à des sonorités égyptiennes. Pour ce qui est d’autres groupes tels qu’Atheist, la symbiose entre Free jazz et Thrash/Death metal est magistrale car maîtrisée. Tout est à tester, pas forcément à apprécier – j’ai moi aussi mes groupes détestés, comme « Slipknot » qui, pour ma part, ne va pas très loin musicalement parlant : si on recherche une brutalité, autant se tourner vers le Brutal death, plus construit et plus technique. Mais il ne faut pas bouder le Metal : comment pourrait-on se fermer à tout un genre aussi vaste dans ses musicalités ? Chaque grand genre est différent, et chaque groupe joue à sa manière. Se fermer au Metal, c’est ignorer des mélanges surprenants de Folk et de Heavy metal par exemple avec « Mago de Oz » ou « Saurom », ou encore tourner le dos à des chefs d’œuvre tels que « In the name of God » de Dream Theater. Le Metal choque, sûrement, mais surtout il propose une musique unique, une expérience particulière, et je vous invite à ouvrir votre curiosité et pas seulement vous contenter d’avis chancelants sur un genre souvent méconnu. Après, certains groupes ne vous plairont pas, mais beaucoup vous plairont, tout dépend de ce que vous recherchez.

Mon dernier paragraphe revient sur l’idée de satanisme. Le Metal, de base, n’a pas de vocation qui va dans ce sens, et les nombreuses affaires contre certains groupes faisant état de culte à Lucifer ou d’appel au suicide sont souvent fausses. Attention cependant, comme je l’ai dit, certains groupes sont évidemment satanistes ou profondément sombres. Pour le paroles liées à l’Enfer et à Satan, nous pouvons citer « Mayhem » ou « Deicide ». En soi, cela ne me dérange pas vraiment, je ne porte aucun jugement sur ça, chacun son opinion. Cependant, il ne faut pas étendre une vérité pour une poignée de groupes de Metal à paroles au contenu satanique à tout le Metal : comment pourrait-on dire que des groupes de Power européen soient satanistes alors que leurs paroles racontent des exploits chevaleresques dégoulinant de caractère épique ? Aussi, il faut garder en tête que des paroles où il y a le nom de « Satan » ne font pas forcément référence à un culte de Satan. Après, si les paroles ont un poids sur la musique Metal (et cela dépend des groupes, les paroles de « Dream Theater » sont plus importantes que celles de « Dragonforce » à mon sens), il ne faut pas oublier que la base musicale n’est pas négligeable dans le Metal. Lancés dans une musiques avec son identité, nous nous laissons porter par une démonstration de puissance instrumentale. Rappelons que le Metal descend du Jazz qui laisse une part importante à l’expression de l’instrument et aux solos inoubliables. Et pour l’obscurité de certains groupes, il me semble très difficile que des musiciens fassent exprès une musique faîte pour pousser au suicide ou au meurtre. Comme a dit « Megadeth » lors de son procès après la fusillade causée par un lycéen américain qui écoutait en boucle « A tout le monde » : « Pourquoi ferions-nous de la musique qui pousse notre public à se tuer ? ». Par ailleurs, si certains actes commis, comme cette fusillade, sont inadmissibles, ce n’est pas pour autant la faute d’une musique. Si c’était le cas, tous ceux aimant « A tout le monde » partiraient tuer sur-le-champ ; cela n’a pas de sens. La musique n’est pas fautive, tout dépend des personnes dans ce cas, comme pour les jeux vidéo. Et puis, rejeter la faute au Metal… Cet adolescent avait, à portée, des armes à feu, et cela ne choque personne ? Pourtant, il existe des groupes qui vont à contre-pied de ce que je viens de dire : le mouvement du National Socialist Black metal prône un idéal lié à ce modèle politique. Aussi il existe même du Suicidal Black metal qui, ne gardant du Black que l’aspect violence et torture personnelle, chante des pleurs, joue une mélancolie extrême et partage un mal-être profond. Mais ces groupes sont minoritaires et très peu connus. Et puis je rappelle que vous êtes maîtres de vous : des paroles de musique ne doivent pas dicter vos actions, si c’est le cas alors vous n’écoutez pas une musique, mais vous suivez au pied de la lettre un ensemble de mots. En dernier lieu, je vous appelle à ne pas vous bloquer au sujet de la voix : les harsh vocals sont une habitude à prendre, comme l’amertume d’une bière, parfois c’est bon, parfois c’est infect, tout dépend encore une fois des groupes. Mais le Metal reste sur ses bases acquises au fil des ans, à savoir de la musique où chacun trouve son compte afin de réunir les gens dans le culte du cuir et du jean pour le Heavy ou le Power US, la puissance mélodique pour le Progressive ou le Power européen, la brutalité contrôlée et enivrante du Thrash, du Death ou du Black, la festivité du Folk etc.

Finalement, après cet exposé rapide qui amène à vraiment discuter des clichés de base, il faut se rendre compte que le Metal n’est pas une affaire de rébellion, même si certains prennent cette musique comme outil de rébellion. Genre polyforme conçu par des années de pratique, le Metal est un temple solide et immense construit par chaque groupe. Nous avons donc, actuellement, une structure faîtes de milliers de pierres multicolores. Et même si certains tons sont très similaires, il y a dans le Metal une diversité sans pareil et une capacité à se lier à tout type de musique, du classique au plus avant-gardiste, du folkorique au rap. Écouter du Metal, c’est s’ouvrir, observer des genres différents. Si cela se fait par un esprit de révolte et une volonté de provoquer, alors nous n’écoutons pas de la musique, mais un cri de rage parallèle à celui qui envahit notre cœur. Le Metal est instant, solitaire ou en groupe, sans cesse renouvelé par le plaisir, la diversité et la force de son caractère. Après, il suffit de trouver son alcool à soi, ou son chocolat, car il y a matière à faire son choix. Et je ne le répéterai jamais assez : en matière de groupes faîtes-vous une idée par vous-même ! Celui qui affirme « Moi j’adore Slayer car c’est l’Enfer, c’est Satan, c’est le Metal » n’est pas représentatif du groupe et de la communauté. Ecoutez, goûtez et pensez par vous-mêmes, voilà ce qu’il faut faire.

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À propos de cyrilmiko

Etudiant en licence de lettres modernes, je suis passionné de littérature, aussi bien en lecture qu'en écriture. J'ai d'ailleurs il y a peu fini mon premier recueil de textes et me lancerai prochainement dans la course de l'édition. Mais je ne pense pas sortir triomphant de ce bois touffu, sombre et inquiétant. Pour information, je n'ai pas de préférence pour une période en particulier, chaque littérature offre quelque chose d'intéressant. Si le romantisme, aussi bien dans la littérature que dans la peinture, m'a beaucoup inspiré, je trouve de l'inspiration partout ailleurs, et pas forcément dans les livres. Je puise aussi dans le quotidien et dans d'autres arts. Ouvert, je tente d'être le plus objectif possible. J'essaye au mieux d'éviter tout stéréotype, toute idée reçue. Et si quelques fois des remarques m'échappent, c'est plus par humour que dit sérieusement. Je suis aussi amateur de musique : mes préférences vont du classiques au Metal, en passant par le jazz et le rock, le tout sous toutes leurs formes. Mon plaisir musical envisage aussi bien du Chopin que du Coltrane, ou encore du Angra, Skiltron, Decrepit Birth ou Nile aux côtés de King Crimson. Je ne me dis pas grand connaisseur ni technicien aguerri, seulement ouvert à diverses écoutes.

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