Culture, La Haine Ordinaire

Metal on metal : mettons les ümlauts sur les voyelles (première partie)

    Ah la musique Metal… Citez-moi une seule musique qui soit aussi particulière, au caractère aussi typé, voire stéréotypé. Car si le Metal en général est un style qui a de nombreux adeptes, il a aussi un nombre incalculable de réfractaires. Laissez-moi vous rappeler, à titre d’exemple, le cas du Hellfest, le plus grand festival Metal de France, l’année dernière. Comme chaque année, des metalheads venant de tout le pays et même au-delà s’apprêtent à vivre un moment inoubliable devant des groupes qu’ils connaissent ou non, avec des gens qu’ils connaissent ou non. Cependant, le festival a subi quelques troubles en 2010 puisque l’ordre religieux a voulu bannir le Hellfest. Selon eux, ce festival prône le satanisme et est purement démoniaque. Selon les fans, ces critiques n’ont pas lieu d’être : il ne faut pas confondre Metal et Enfers.

« Baisse-moi ta musique de dingues ! ». « Le heavy metal, c’est le son du démon ! ». « Les metalleux ? C’est une bande de satanistes alcooliques ! ». Combien de fois avons-nous pu entendre ou lire ce genre de remarques basées sur des amalgames et des clichés, la plupart du temps énoncés par des personnes qui ne connaissent absolument rien de cette musique : il vaut mieux connaître ses ennemis ! C’est donc l’objectif que se propose cette chronique, à savoir de mettre à plat les termes liés au Metal et amener à redéfinir ce genre, à le voir d’une autre manière. On va suivre cela de manière simple : d’abord définir le genre « Heavy metal », base de tout, puis voir les différents types de Metal pour finalement comprendre pourquoi ce genre particulier n’a pas à être vu de manière négative.

    Le plus souvent, lorsque vous dîtes « Metal » ou « Heavy Metal », on vous cite les mêmes groupes : « Metallica » pour le « Metal » qui se trouve dedans, « Iron Maiden » parce que l’on a vu ce nom sur le t-shirt d’un gars, « Slipknot » car il est connu et récent, « Nightwish » car populaire, et j’en passe. Tout le temps, nous retrouvons les mêmes groupes et, pour le non-initié, cela ne ramène absolument à rien. Peut-être certains citeront du bout des lèvres un « Master of puppets » ou un « Number of the beast ». Mais dire que le Metal revient à ces groupes, c’est amputer ce genre de 99% de sa charge musicale. Parce que le Metal remonte à très loin, dès les années 1970 avec l’émergence du Hard rock. Là aussi, il ne faut pas limiter le Hard rock à « AC/DC » mais voir des groupes majeurs tels que « Led Zeppelin », « Deep Purple » ou « King Crimson » et des artistes tels que « Alice Cooper » qui, avec tant d’autres groupes, ont créé les balbutiements du Heavy metal. Le Hard rock donc est une vague qui succède au mouvement psychédélique des années 60. Il se démarque par un son plus construit, moins « délirant », même si le rock psyché’ n’est pas une musique de vieux hippies – là aussi, il ne faut pas faire d’amalgames, mais restons dans les origines proches du Heavy metal. Dès les années 1969, ce nouveau type de rock annonce le Heavy metal avec, entre autre, l’album « In the court of the Crimson King » de King Crimson dans lequel on retrouve le magistralement moderne « XXIst Century Schizoid Man ». Mélange détonnant de Free jazz et de Psychedelic rock progressif, ce masterpiece offre une musique nouvelle à la structure progressive et carrée dans laquelle viennent des parties solistes techniques. Déjà dans cette musique émerge la force particulière du Heavy metal qui sera ensuite confirmée par Deep Purple, dès les années 70. Pour ce groupe, il suffit d’écouter « Speed King » ou « Space truckin’ » pour comprendre la nouvelle vague qui succèdera au Hard rock. En les comparant au cultissime « Smoke on the water », nous voyons une différence de tons, une musique plus rapide, plus lourde à l’oreille mais pas inaudible pour autant.

  Dès lors, nous constatons que le lien Metal/Satanisme est absolument absurde car il n’est pas à l’origine du genre. Si le Hard rock, fils du Psychedelic rock, porte l’héritage d’une musique prônant la liberté, les vertus de l’alcool et les joies du sexe, il est sûr que le Heavy metal joue sur ce terrain là. Mais de là à parler de « musique du démon », c’est restrictif : le Hard rock n’a pas évolué vers le Heavy metal pour faire une musique dans laquelle ces idéaux sont renforcés, mais cela résulte simplement d’une évolution des structures musicales. A l’instar de la langue qui change selon l’utilisation des personnes, la musique change selon ceux qui la pratiquent, devient soit plus rapide, soit plus électrique, soit plus douce, soit plus violente. Le Heavy metal n’est pas fixe, c’est un genre venu d’une évolution et qui lui-même va évoluer. Le Heavy metal de « Iron Maiden » diffère du Heavy metal de « Saxon », pourtant tous deux sont anglais et viennent de la « New Wave Of British Heavy Metal » des années 80. Après, je ne pourrais pas vous définir précisément ce qui fait le Heavy metal selon des termes techniques. Tout pour moi est affaire d’écoutes et de comparaisons. Pour la technique précise du Heavy metal, je vous renvoie à l’article Wikipedia à ce sujet qui est très complet. Comme dit, cet article-ci veut éclairer et enlever les stéréotypes. Je ne saurais décrire la technique, mais elle se ressent. L’évolution aussi se ressent, à l’écoute, et il est facile de voir que rien n’est lié au satanisme, comme dit précédemment. Je le répète, tout est affaire d’évolution, de pratique : chaque groupe est différent, sauf bien sûr ceux qui copient les grands, mais ça c’est une autre affaire.

A suivre pour les différents types de Metal.

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À propos de cyrilmiko

Etudiant en licence de lettres modernes, je suis passionné de littérature, aussi bien en lecture qu'en écriture. J'ai d'ailleurs il y a peu fini mon premier recueil de textes et me lancerai prochainement dans la course de l'édition. Mais je ne pense pas sortir triomphant de ce bois touffu, sombre et inquiétant. Pour information, je n'ai pas de préférence pour une période en particulier, chaque littérature offre quelque chose d'intéressant. Si le romantisme, aussi bien dans la littérature que dans la peinture, m'a beaucoup inspiré, je trouve de l'inspiration partout ailleurs, et pas forcément dans les livres. Je puise aussi dans le quotidien et dans d'autres arts. Ouvert, je tente d'être le plus objectif possible. J'essaye au mieux d'éviter tout stéréotype, toute idée reçue. Et si quelques fois des remarques m'échappent, c'est plus par humour que dit sérieusement. Je suis aussi amateur de musique : mes préférences vont du classiques au Metal, en passant par le jazz et le rock, le tout sous toutes leurs formes. Mon plaisir musical envisage aussi bien du Chopin que du Coltrane, ou encore du Angra, Skiltron, Decrepit Birth ou Nile aux côtés de King Crimson. Je ne me dis pas grand connaisseur ni technicien aguerri, seulement ouvert à diverses écoutes.

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