L'Air Du Temps

Ma crise d’adolescence, mes humeurs et moi

Cet article fait réponse à celui de Lexane Sirac, Marc Levy, les BB Brunes et moi

NB : tous les noms et prénoms sont inventés, exceptés ceux des écrivains et musiciens.

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Mon amie,

Commençons par les questions, si tu veux bien.

Pourquoi ce désir de te présenter comme rebelle? Est-ce que ça aussi ce n’est pas du conformisme, de vouloir être rebelle, pour reprendre ton paradoxe? Est-ce que la rébellion est forcément l’attitude d’un adolescent ou d’un jeune adulte du XXIe siècle? Pourquoi devrions-nous faire comme nos parents et nous présenter en rébellion ouverte contre eux, comme eux l’ont fait avec leurs parents? On pourrait considérer, d’après ton article, que le simple fait de vouloir être rebelle est conformiste.

Mais ce qui m’intéresse est plus profond. Peut-on véritablement parler de rebelles aujourd’hui? Aujourd’hui, où on considère comme une entité unique le « monde occidental » (Europe, Canada, Etats-Unis, Australie, principalement)? Alors oui, il y a des différences entre les jeunes français, les jeunes américains, les jeunes canadiens. Et même parmi les jeunes français, il y a énormément de différences. Mais il faut bien admettre, que, globalement, nous avons des référents communs que nos parents n’avaient pas (Facebook, MSN, internet…).

La notion de rébellion dont tu parles, c’est celle dont l’exemple le plus connu est mai 68, c’est la rébellion d’un enfant face à ses parents et à une société qui l’ignore ou le méprise, c’est la rébellion face à ce monde qui n’est pas jeune. Sauf que nos parents à nous ont lu des bouquins de psychologie, des bouquins sur l’éducation des enfants, des bouquins sur les relations de couples, des bouquins sur la crise d’adolescence. Le résultat? On le croise tous les jours.

Des gens qui pensent aimer les enfants parce qu’ils ne leur font rien faire, au motif de leur laisser la « liberté de choisir« ; une société qui pense qu’un ado DOIT être en pleine crise d’adolescence (terme forgé de toutes pièces par des psychologues dont je suis prêt à parier qu’aucun n’avait moins de 40 ans), fumer des joints et se bourrer la gueule; des parents qui ne cadrent pas leurs enfants, « pour ne pas les brimer« . Est-ce que c’est un bon principe pédagogique? Je suis certain du contraire

Un enfant doit comprendre qu’il évolue dans un cadre défini, avec ses règles, et que les enfreindre entraîne un châtiment. Alors, non, je ne prône pas le retour à une société qui considère que les enfants doivent faire uniquement ce que les parents veulent, point à la ligne. Mais un enfant qui n’est pas cadré deviendra presque inévitablement un adulte incontrôlable et inapte à vivre en société, ce qui est pourtant le but d’une bonne éducation, il me semble. Il faut laisser une certaine liberté de choix, mais pas au détriment des règles de vie.

Faut-il donc faire ce que tout le monde pense normal? Faut-il absolument se rebeller contre des parents qui, au lieu d’être oppressifs, sont parfois trop permissifs? La question peut se discuter. Mais je ne pense pas qu’un adolescent (ou une adolescente) qui dira « merde » à ses parents changera beaucoup de choses, pas plus que si des millions d’ados le disaient en même temps. Pourquoi? Eh bien… les bouquins, encore. Les parents sont convaincus que c’est normal si un ado leur dit « merde« , savent que cela n’aura pas de grosse incidence, puisque tous les psychologues l’ont dit. Et ils se bornent alors à observer les préceptes du bouquin (généralement : discuter avec l’ado (qui n’a que rarement envie de parler à ses parents), l’écouter (il ne va rien dire pour montrer qu’il fait la gueule), lui parler (il ne va pas écouter et s’en ira avant la fin de vos phrases) et résoudre ensemble les problèmes (enfin un conseil sensé… sauf que les ados préfèreraient presque n’importe qui à leurs parents pour résoudre leurs problèmes)).

Je suis animateur pendant les vacances. Et en France, qu’ai-je vu? Que les zones géographiques jouent pour beaucoup dans l’éducation. Les enfants de banlieue grenobloise que j’ai eu en centre de loisirs étaient beaucoup plus cadrés que d’autres, enfants de la campagne riche (habitée par des gens éduqués, qui gagnent bien leur vie). Ca peut paraître étrange, mais les gamins de banlieue que l’on dit complètement laissés à eux-même…ne le sont pas tous. Et qu’ils ont, pour la majeure partie de ceux que j’ai vus, un cadre familial assez strict, qui fait qu’ils s’entraident, qu’ils savent faire des activités ensemble, qu’ils savent aussi se débrouiller seuls lorsqu’il le faut. Et les autres, et bien… moins.

Je crois donc qu’il ne faut pas parler de rébellion des jeunes dans le monde d’aujourd’hui, et que se considérer rebelle, que ce soit en lisant Marc Lévy ou Jacques Kerouac, que ce soit en écoutant Trust ou les BB Brunes, c’est non seulement dépassé, mais aussi trop conformiste, trop habituel. On a suffisamment vu de jeunes rebelles aujourd’hui. Passons à autre chose. Quoi? Aux jeunes de trouver…

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Annexe : la violence des banlieues

Nuançons un minimum (quoique je sois là pour polémiquer, après tout) : il ne faut pas généraliser. Il y a certainement des enfants de famille éduquées qui ont été élevés avec un cadre de règles, et des enfants de banlieues moins éduquées qui ont été élevés absolument sans règles. Alors pourquoi, me direz-vous, c’est dans les banlieues que la violence éclate?

Bêtement parce que nous ne sommes pas dans un pays où un enfant de banlieue qui s’appelle Ibrahim Ben Abdallah a moins de chances d’intégrer une bonne école qu’un enfant né dans un bel arrondissement parisien et qui s’appelle Charles De La Baterie. Et qu’en France, plus que les qualités, ce sont les diplômes qui comptent dans les entretiens d’embauche. Alors comment un travailleur, même assidu, même excellent, peut-il réussir à gagner sa vie et à s’insérer dans la société si on le rejette au motif qu’il n’a pas suffisamment de diplômes ou un nom « gênant »? Et, forcément, lorsqu’une personne qualifiée est rejetée de partout à cause de son origine sociale ou géographique, elle s’énerve… et crie une insulte à la police. Qui renvoie une grenade lacrymogène. A laquelle on riposte par des jets de pierre. Que suit une charge de CRS. etc…

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À propos de Louis Tarpin

Traducteur indépendant, je voyage et vous propose mes services en freelance. Traduction, relecture, révision, écriture, transcription, d'anglais ou italien en français, je suis à votre écoute pour produire, ensemble, des textes de qualité. Je tiens également un blog de cuisine et de photographie.

Discussion

3 réflexions sur “Ma crise d’adolescence, mes humeurs et moi

  1. Je me tente a te répondre
    Premièrement je suis d’accord pour dire que un jeune d’aujourd’hui qui se considère « rebelle » ne l’est pas.
    Je pense qu’y a deux cause a cela: un, nos parent l’ont été vis a vis des leurs, ce n’est donc qu’un schéma que l’on connais. Deux, eux nous ont, en effet, laissé le choix d’être qui l’on veux être, rebelle y comprit.
    Je pense pousser les raisonnement un peu plus loin en disant que si l’on veux être a contre courant de nos jours, ce serais plus en étant ce que l’on veux être, sans ce soucier de l’image que l’on donne, tout en regroupant tout les « genre » autour de nous, car même si les jeunes sont en groupe y a peu d’unité, peu de réelle acceptation de « l’autre »

    Après, qu’entend tu par « jeune de banlieue » car la banlieue est sujette a débat en elle même, y a la banlieue des jeune défavorisé et la banlieue « l’espace urbanisé d’une ville qui est situé dans la continuité du bâti de sa ville-centre et qui en est administrativement distinct »
    Dans ces deux banlieue qui existe encore, il y a deux mentalité je pense. Y a ceux qui principalement survivent, et ceux qui vivent.
    De plus même si les réaction ne sont pas les même dans ces deux type de banlieue les jeunes sont confronté a un tas de problèmes, pas les même mais qui ont tout autant d’impact sur eux, comme par exemple, le jeune fils de riche dont les parents ne savent pas ce que c’est que l’affection, au fils de pauvre qui ne sais ce que c’est que d’être encadrer.
    Je pense qu’en résumer ce que les jeune on pas (pour la plus part) c’est un encadrement, de la reconnaissance et de l’affection, les trois sont primordiaux.
    Je ne vais pas m’étendre sur qu’elle serais la bonne éducation, mais elle passe par le savoir aussi, et la je te rejoins, quelqu’un qui a les compétence, le savoir et qui ne peux accéder a un poste, que a cause de ses origine, c’est injuste et l’injustice n’engendre que des conflit.
    Pour finir, quand tu parles de Ibrahim Ben Abdallah, qui a moins de chance d’intégrer une bonne école, et que tu dis (ou du moins je l’ai comprit comme tel) qu’il finira par riposter a coups de caillasse, je pense que tu te plante, un jeune de banlieue défavorisé qui peut intégrer une bonne école ne fini pas par être violant, du moins de ce que j’en ai vu.
    Ce sont bien plus ceux qui n’ont pas réussi, qui ne comprenne pas pourquoi on les aime pas et que l’on dénigre au JT qui finisse dans la rue.
    PS: excusez moi pour l’orthographe

    Publié par Amatsukuyom1 | 05/22/2011, 15:42
  2. Excusez moi aussi pour le lien qui a rater

    Publié par Amatsukuyom1 | 05/22/2011, 15:43
  3. le lien est corrigé. Désolé du retard.

    Publié par Louis Tarpin | 05/26/2011, 19:39

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